Paroisse de La Madeleine

Histoire

Sainte Marie-Madeleine, sainte patronne de la paroisse

 une femme qui s’attacha avec amour à Jésus et le suivit tout au long de sa vie publique.

Les quatre évangélistes mentionnent sa présence à plusieurs occasions.

Des récits légendaires ont complété son histoire.

 

  Marie-Madeleine selon les évangiles

Il semble qu’elle ait commencé à suivre le Christ après qu’Il l’eût guérie : « sept démons étaient sortis d’elle » (Lc 8,1-3). Depuis, elle faisait partie de ce groupe de femmes qui servaient le Maître et les apôtres . Elle est présente au calvaire au pied de la croix avec Marie, la mère de Jésus, et le disciple Jean (Jn 19,25). On la retrouve au tombeau lors de l’ensevelissement. « Le sabbat terminé, Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus » (Mc 16,1) . Enfin, au matin de Pâques, en allant au tombeau, elle vit la pierre roulée et un ange lui dire : « Soyez sans crainte, vous cherchez Jésus le crucifié, Il n’est pas ici, Il est ressuscité comme Il l’avait dit » (Mt 28,5-7). Elle est donc la première à recevoir la révélation du Christ ressuscité qui lui dit : « Noli me tangere » (ne me touche pas) (Jn 20,17) . Etant envoyée porter la Bonne Nouvelle aux apôtres, elle est appelée par saint Augustin « l’apôtre des apôtres ».

  

Marie-Madeleine selon les légendes

 L’évangile ne parle plus de Marie-Madeleine après la Résurrection. Cependant d’autres textes nous parlent d’elle. Pour fuir les persécutions infligées aux chrétiens, elle quitte la Palestine. Certains disent qu’elle alla à Ephèse où elle mourut et fut inhumée. D’autres, beaucoup plus nombreux, racontent qu’elle partit en barque, accompagnée notamment de Marthe, Marie et Lazare de Béthanie. Leur embarcation échoue aux Saintes-Maries-de-la-Mer (Bouches-du-Rhône). De là, elle débute sa mission d’évangélisatrice jusqu’à Saint-Maximin (Var) et passe les dernières années de sa vie en pénitence non loin de là, dans la grotte de la Sainte-Baume. « Tous les jours, elle était enlevée dans les cieux par les anges et elle y entendait, même avec les oreilles de son corps, les glorieux concerts des troupes célestes » (Jacques de Voragine, XVème) . A sa mort, selon la même légende, « on vit la sainte apparaître avec des anges auprès de son cercueil, et porter au ciel, avec des cantiques, son âme sous la forme d’une colombe » .

 

Marie-Madeleine et les autres Marie de l’Évangile

Outre Marie, la mère de Jésus, les évangiles parlent de plusieurs Marie. L’Eglise latine considéra à partir du  VIème siècle avec le pape Grégoire le Grand que Marie de Magdala ne faisait qu’une  avec d’autres Marie d’une part celle qui versa du parfum  sur la tête de Jésus (selon Mathieu 26,6-13 et Marc 14,3-9)  ou sur ses pieds (selon saint Jean 12,1-8) lors d’un repas chez Simon le lépreux, à la veille de sa Passion. Il s’agirait à chaque fois de Marie, la sœur de Marthe et de Lazare comme saint Jean l’indique. D’autre part, on  confondit également Marie de Magdala avec la pècheresse qui parfuma les pieds de Jésus, les couvrit de baisers les mouilla de ses larmes et les essuya avec ses cheveux au cours d’un autre repas chez un Pharisien, également nommé Simon. C’est de cette femme que Jésus dit « Si ses nombreux péchés ont été pardonnés, c’est parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. »

Multum dilexit (Luc 7, 36-50) 

Cette interprétation n’est  généralement  plus admise par les différentes Eglises chrétiennes qui distinguent nettement les trois personnages.

  Culte et reliques :

 La Sainte-Baume et Saint-Maximin. Ces deux lieux où Marie-Madeleine aurait vécu les dernières années de sa vie conservent ses reliques.

Vézelay : au XIIème siècle, les moines de Vézelay opérèrent la translation d’une partie des reliques de la sainte depuis Saint-Maximin où celles-ci, d’après eux, ne recevaient plus les honneurs qui leur étaient dus. Ces reliques sont toujours conservées dans la crypte de la basilique de la Madeleine.

Paris : léglise de la Madeleine conserve une relique de la sainte provenant de Saint-Maximin. Offerte par Louis XVI à Don Ferdinand, duc de Parme, elle fut en possession de la reine d’Etrurie sous la Restauration. Depuis la consécration de l’église en 1845, elle est proposée à la vénération des fidèles .

             Grâce à la générosité des donateurs d'Avenir Paris Madeleine, la Ville de Paris entreprend la restauration de la grille de la table de communion du maître-autel et celle des deux reliquaires de Froment-Meurice ainsi que leurs consoles.

            Pendant la durée des travaux, la relique de Marie-Madeleine  reste exposée à la dévotion des fidèles à l'autel du Christ Sauveur.

 

Représentation : soit nue avec de longs cheveux, soit en vêtements à la fois élégants et en désordre, selon que l’on veut la caractériser comme pénitente ou évoquer sa vie dissolue. Son attribut est le vase d’onguent. Elle est également représentée avec la corde de pénitent et le crâne du Golgotha.

 

Patronne des : pénitents, jardiniers, coiffeurs, parfumeurs, gantiers.

 Fête : 22 juillet

 

Citations :

« Ne me touche pas, parce que Je ne suis pas encore remonté vers mon Père » (Jn 20,17).

« O sainte femme qui avez saisi les pieds du Seigneur pour qu’Il vous emporte vers le Père ! C’est une race nouvelle qu’Il emportera : Eve qui désormais ne s’égare plus, mais saisit de toutes ses forces l’arbre de vie. Après cela, le Christ l’envoie comme apôtre aux apôtres. O merveilleux renversement : Eve devient apôtre » (Hippolyte de Rome, IIIème siècle).

« Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Celui que tu cherches, tu le possèdes et tu ne le sais pas ? Tu as la vraie et l’éternelle joie et tu pleures ? Elle est au plus intime de ton être et tu cherches dehors. Ton cœur est mon tombeau. Je n’y suis pas mort mais j’y repose vivant pour toujours » (un moine du XIIIème).

« Sa pénitence est amour, son désert est amour, sa vie est amour, sa solitude est amour, sa croix est amour, sa langueur est amour et sa mort est amour. Je ne vois qu’amour en Madeleine, je ne vois que Jésus en son amour, je ne vois que Jésus et amour dans son désert » (Cardinal de Bérulle, 1629).

 

 


 

L'église de  La Madeleine : les trois sanctuaires


Il reste fort peu de documents sur le premier sanctuaire construit au bourg de La Ville L'Évêque. Ce patronyme est encore porté par une rue du quartier qui rappelle l'octroi du domaine à l'évêque de Paris, au temps du roi Dagobert. Attestée dès le XIIe siècle, la première église dominait une zone encore rurale et elle était probablement de style gothique.

En 1492, Charles VIII installa une confrérie dédiée à sainte Marie-Madeleine dans l'église primitive. Grâce à ce lien privilégié avec la dynastie régnante, les diverses reconstructions du sanctuaire ont toujours été attentivement suivies par l'État.

Au XVIIe siècle, La Ville l'Évêque se développa parallèlement au quartier parisien de Saint-Honoré. Le sanctuaire gothique devint insuffisant et le 8 juillet 1659 la Grande Mademoiselle, Anne-Marie-Louise d'Orléans, posa la première pierre de la seconde église. De style classique, la nouvelle paroisse s'élevait à l'emplacement du début du boulevard Malesherbes actuel. Elle servit jusqu'à la Révolution.

La Ville l'Évêque fut annexé à la Ville de Paris en 1722 et bénéficia donc du développement du faubourg Saint-Honoré : en conséquence, son église paraissait bien modeste dans un quartier couvert de somptueuses demeures, telles que l'hôtel d'Évreux habité par Mme de Pompadour. La reconstruction de La Madeleine fut décidée en 1757, à l'emplacement de l'hôtel de Chevigny et des dépendances d'un couvent de bénédictines.

L'édification de l'église s'inscrivit en fait dans le vaste projet d'urbanisme de l'ouest de Paris. En 1748, la Ville de Paris avait commandé la statue de Louis XV et décidé l'aménagement d'une nouvelle place royale. Comme le concours ouvert n'avait pas été satisfaisant, le roi avait chargé son Premier Architecte, Jacques-Ange Gabriel, de faire la synthèse des projets et de construire la place sur des terrains qui lui appartenaient, à l'extrémité des Tuileries. Les plans avaient été arrêtés en 1755 et la réalisation conduite en huit ans.

Bordée de palais sur un seul côté, la place Louis XV paraissait d'autant plus gigantesque que son axe Est-Ouest s'étalait à perte de vue, des arbres des Tuileries jusqu'à ceux des Champs-Élysées ; elle avait besoin d'un monument fort pour fermer la perspective de la rue Royale. Pierre Contant d'Ivry (1698-1777), l'architecte du duc d'Orléans, fut chargé des projets. Ses réalisations au Palais Royal et aux abbayes de Penthemont, à Paris, et de Saint-Vaast, à Arras, venaient de prouver ses capacités. Des lettres patentes signées par Louis XV en 1753 et 1757 attestent l'intérêt du roi pour La Madeleine : il en posa la première pierre, le 3 avril 1763, un an avant que le projet ne soit définitivement arrêté.

Reproduit par Patte dans le livre des Monuments érigés en France à la gloire de Louis XV, le projet de Contant d'Ivry montre le plan traditionnel en croix latine qui aurait permis de multiplier les chapelles tout autour de l'église, la seule originalité étant le baldaquin du transept. En revanche, l'architecte avait repris l'idée de l'ordre corinthien, à linteaux droits, qu'il avait déjà employé à l'abbatiale Saint-Vaast ; cela aurait donné un aspect plus moderne aux élévations intérieures. La face tournée vers la rue Royale présentait un portique encadré de travées latérales, comme à Saint-Pierre de Rome. De proportions trop modestes, le dôme élevé au-dessus de la croisée n'aurait pas pu rivaliser avec celui des Invalides, ni avec celui de Sainte-Geneviève qui était alors en construction.

La comparaison avec Jacques-Germain Soufflot a toujours été faite car les deux projets sont contemporains. Dans le contexte de la réaction antiquisante de la seconde moitié du XVIIIe siècle, l'église Sainte-Geneviève (le Panthéon) apparaît plus sobre et plus monumentale. Elle annonce mieux le néo-classicisme de la fin du siècle, mais c'est pourtant l'église de Vignon qui poussera plus loin le pastiche de l'antiquité.

A la mort de Contant, son élève Joseph-Abel Couture (1732-1799) reprit le chantier et le mena jusqu'en 1789 avec d'importantes modifications.
Il raccourcit la nef pour allonger le chœur et multiplia les colonnades. L'édifice actuel lui doit l'idée du péristyle élargi à toute la façade et bordant la nef de colonnes détachées, parti que Vignon étendra à tout le périmètre extérieur de l'église. Le financement de la construction avait été récupéré sur Saint-Sulpice, dont la construction sur deux siècles avait nécessité une "loterie de pitié". Au moment de la Révolution, ces fonds avaient permis d'élever le portique et de commencer à monter les murs.