Feuille Paroissiale
27 juin - 13ème dimanche
25 juin 2010 par Paroisse de La Madeleine
ÂPRE LIBERTÉ
Malgré les grandes déclarations affichées çà et là, nous savons bien que la liberté est un objectif rarement atteint. Dans tel pays, c’est la liberté d’entreprendre qui est survalorisée ; mais elle se paye d’une précarité impitoyable, et d’un système répressif plutôt brutal. Ailleurs, c’est l’Etat qui protège les citoyens ; mais il les enferme, pour leur sécurité, dans un carcan administratif. On voudrait être libre par rapport à tous les enfermements, tout en réclamant une sécurité.
Elisée le prophète accepte le détachement proposé par Elie ; à condition de ne pas rompre avec ses parents ! Interpellé brutalement sur son désir, il comprend que sa liberté aura un prix : il brûle l’attelage qui l’asservissait au sol, et à l’héritage des ancêtres. Cela rappelle les murmures des Hébreux dans le désert (livre de l’Exode) : la libération de l’esclavage les fait souffrir, ils n’ont plus le confort matériel dont ils disposaient malgré tout. Les gens qui rencontrent Jésus, dans l’Evangile de ce jour, aimeraient le suivre, tout en conservant ce qui les fait exister : mais la suite du Christ est radicale, elle n’est possible que si on détourne les yeux du passé.
Il n’est pas certain que l’on veuille de la liberté ; elle est trop dure à vivre. Etre libre signifie que l’on accepte la précarité des relations, et que l’on renonce à un pouvoir sur les autres. Nous ne sommes pas là pour faire tomber le feu du ciel sur ceux qui ne veulent pas nous recevoir. La véritable liberté, dit St Paul, s’accompagne de l’amour gratuit pour les autres. Elle n’est pas une autonomie qui préserverait des autres, elle est au contraire don de soi aux autres. On n’a jamais fini de l’accueillir dans sa propre vie.
Puissent les catholiques être un groupe qui fait vivre la liberté…
P. Nicolas de Bremond d’Ars
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12ème dimanche - 20 juin
18 juin 2010 par Paroisse de La Madeleine
La maison de David et nos maisons.
C’est une vieille habitude des hébreux, des araméens, des assyriens, que de parler d’une famille ou d’un clan, - et même, s’il a grandi -, d’un pays, en disant : « BYT- X », « la maison de X ». Il y a des petits États de l’Antiquité qu’on ne connaît que sous ce genre de nom (le Byt-Adini, Byt-Agusi etc.). Sur la stèle célèbre de Tel Dan (9ème s. av. JC), on trouve la seule mention archéologique ancienne de David : BYT.DVD (on n’écrit que les consonnes).
Pensons à nos « maisons », - au passage bonne fête aux papas -, au nombre incroyable de rencontres passées, imprévisibles, de nos ancêtres, les aventures humaines de chacun, qui font que nous sommes nés, que nous existons. Rien que d’y penser cela donne le vertige (2 parents, 4 grands-parents, 8 …, 16 … des millions ! Des milliers d’années !) Quelle a été l’histoire de chacun ? Et de prier pour et avec eux, et pour ceux qui vivront après nous et qui ne sauront rien des mille instants de nos vies, sinon que la Vie, comme un fleuve, y aura fait son chemin jusqu’à eux.
« Il y aura une source ouverte pour la maison de David », annonce le prophète Zacharie. Matthieu et Luc ont noté la généalogie : Jésus est de la maison de David, d’où doit sortir le Messie. « Le Messie de Dieu ! » a spontanément répondu Pierre. Oui, mais un Messie comme une source ouverte, le corps transpercé sur une croix. De son côté ouvert jaillit la Vie. Et cette Vie-là …
P. Alain Paillard
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11ème dimanche - 13 juin
11 juin 2010 par Paroisse de La Madeleine
Aimer et pardonner
Deux enseignements parmi d'autres peuvent être tirés de cette page d'évangile relatant le « repas chez Simon » :
1- Le pécheur n'est pas systématiquement rejeté.
2 - Jésus est bien Fils de Dieu
Si Dieu n'aime pas le péché, Dieu aime le pécheur... du moins le pécheur qui n'est pas fier de ses fautes mais qui a compris qu'aimer est plus important et que le pardon doit être à la hauteur de cette capacité à aimer. Les nombreux péchés de cette femme, (identifiée comme étant Marie-Madeleine) sont pardonnés « à cause de son grand amour.» dit Jésus. Rien ne sert d'être raide de vertu si le cœur est sec d'amour et dans l'incapacité du moindre pardon. Ce qu'affirme ici Jésus, c'est ce qu'il réalisera par son sacrifice sur la croix : aimer les hommes jusqu'à mourir et ressusciter pour eux afin de racheter l'humanité toute entière du péché des origines.
Devant l'étonnement des convives suscité par cette scène du précieux parfum répandu, et surtout de cette phrase entendue comme un véritable blasphème « tes péchés sont pardonnés » la question leur vient tout naturellement aux lèvres « Qui est cet homme qui va jusqu'à pardonner les péchés ? » puisque seul Dieu peut pardonner. La conclusion « incroyable » s'impose alors : Jésus est Dieu lui-même.
Père Daniel Ponsard, Curé-Doyen
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Saint sacrement du corps et du sang du Christ - 6 juin
4 juin 2010 par Paroisse de La Madeleine
Ce dimanche est celui de la fête du Corps et du Sang du Christ.
C’est la fête du Saint-Sacrement, de l’Eucharistie, ce sacrement que nous célébrons chaque dimanche et même aux jours de semaine. Aujourd’hui, des enfants du catéchisme paroissial viennent communier parmi nous pour la première fois.
Ils s’y sont préparés par nos rencontres du mercredi matin depuis deux ans et par une journée de retraite, cette semaine.
Ils viennent dans notre église avec leurs parents, leurs catéchistes et les membres de leurs familles.
Pour ces enfants, c’est une démarche importante et pour l’assemblée paroissiale c’est aussi un moment qui compte. Accueillir ces jeunes c’est dire que notre paroisse a le souci de témoigner de sa foi et de la transmettre.
Il nous faut aussi remercier les catéchistes - au nombre de trois pour la Madeleine - qui se dévouent et donnent de leur temps pour les rencontres avec les enfants et préparent et vivent avec eux les temps de prière, de messes familiales et de célébrations.
Nous manquons de catéchistes en dépit de plusieurs appels. Il y a là un beau témoignage de vie chrétienne à donner. Avec ces enfants, ayons le désir de devenir chrétiens, chaque jour davantage : l’Eucharistie est source de vie et de générosité.
Au milieu de nous, elle ne cesse d’édifier et de renouveler l’Eglise que nous formons.
P. Fr. de Charnacé
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Sainte Trinité - 30 mai
28 mai 2010 par Paroisse de La Madeleine
C'était quoi la Trinité pour Marie-Madeleine?
Le terme, Trinité, n'apparaît pas dans la Bible mais cela ne veut pas dire que les disciples de Jésus n'ont pas eu une connaissance de la réalité de la Trinité. Par exemple, nous pouvons imaginer que Marie-Madeleine a appris, comme tous les juifs, la "Shema" : « Écoute, Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un ». Elle a aussi entendu Jésus présentant Dieu comme Abba, Père. Elle a eu l'expérience de Jésus comme messie qui a présenté le visage miséricordieux de Dieu quand Il l'a guérie de ses sept démons. Elle a vu Jésus comme Fils de Dieu quand après sa résurrection, Il lui a dit qu'Il doit monter vers son Père. A l'Ascension, elle a entendu le Christ dire "Allez donc ! De toutes les nations, faites des disciples, baptisez-les au nom de Père, et du Fils et du Saint Esprit." Après la Pentecôte, elle a vu dans le courage des Apôtres et des disciples le fruit de la descente de l'Esprit Saint promise par Jésus. Sauvée par le Christ, animée par l'Esprit Saint elle a prié Notre Père au sien de la communauté. Pour la Madeleine, comme pour nous, la Trinité est plus qu'une doctrine à expliquer, elle est une réalité à vivre.
Rendons gloire au Père tout-puissant, à son fils Jésus Christ, le Seigneur, à l'Esprit qui habite en nos cœurs, un seul Dieu, pour les siècles des siècles. Amen !
P. Brien Mc Carthy
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23 mai - Pentecôte
21 mai 2010 par Paroisse de La Madeleine
ESPRIT SAINT
Une puissance envahit un groupe de gens, et les transforme… Les rayons des librairies sont remplis d’aventures palpitantes de ce genre. La « science fiction », ou la « fantasy » sont des genres littéraires qui traduisent les aspirations à la puissance : puissance des matériels (bionique, informatique, armes toutes plus sophistiquées les unes que les autres), puissance des corps humains (magie, pouvoirs spéciaux). Ce qui arrive aux disciples le jour de Pentecôte en devient presque trivial et banal.
Aujourd’hui, nous parlons cependant d’autre chose. Nous ne faisons pas œuvre d’imagination, mais de vérité. La venue de l’Esprit Saint est effective, et réelle.
Un « souffle violent », qui ébranle les fondations de la maison : nous parlons ici des institutions humaines, comme la famille, les institutions qui régentent la vie sociale, celles de la vie économique ou politique. Regardons les rapports qui sont publiés, et pointent les dysfonctionnements de nos institutions : n’auraient-elles pas besoin, elles aussi, d’être ébranlées, de façon à ce que les humains qui s’y abritent se remettent à vivre (les disciples sortent de la maison) ?
Des « langues de feu » se posent sur chacun : nous parlons ici des personnes, de ce qui les rend uniques, de leurs aptitudes propres. Chacun reçoit le « feu sacré », et se met à invoquer Dieu, à prendre la parole pour se faire entendre – d’ailleurs, tout le monde au-dehors se met à entendre et à comprendre. Dans nos sociétés, hormis les riches et les puissants, les malins et les astucieux, qui a droit à la parole ? A la parole vraie, et pas seulement à une phrase dans un micro-trottoir… Eduquer à une parole sûre, qui honore celui qui la prononce, et édifie les auditeurs : voilà le don de l’Esprit !
Puissions-nous ne jamais nous contenter des institutions humaines dans la protection factice et provisoire qu’elles nous offrent, pour faire surgir de chaque frère humain une parole de feu.
P. Nicolas de Bremond d’Ars
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Feuille paroissiale du 16 mai 2010
14 mai 2010 par Paroisse de La Madeleine
« Qu’ils soient un en nous »
Dans les passages de Saint Jean, qui suivent le lavement des pieds, après ce long temps de partage avec ses disciples, leurs questions, l’annonce de son départ, Jésus prie. La force de sa prière d’alors se déploie à travers les siècles jusqu’à nous aujourd’hui, avec tous ceux qu’elle a accompagnés. C’est un peu comme cette messe qui, radio-diffusée, porte loin le message.
Le Christ invite à entrer dans l’unité qui se dégage d’une relation : celle du Père et du Fils. Dieu est moins un absolu, qui serait coupé du monde et des hommes, qu’un « relatant » et un « relaté ». C’est déjà Saint Thomas d’Aquin, à la suite de Saint Augustin qui insistait sur cet aspect : Dieu est relation, il s’offre à la relation, il nous propose d’entrer en relation. « Dieu s’est mis dans ce cas d’avoir besoin des hommes », disait Péguy.
« Un en nous ». Dieu nous invite à l’unité. Ce n’est pas un totalitarisme qui s’imposerait d’en haut, négligeant toute originalité, tout charisme, toute personnalité, toute chute, toute conversion, toute découverte. C’est une récapitulation, l’art du Fils : attirer à lui tous les hommes, tout ce qu’ils sont et deviennent, et les présenter au Père. Entrer dans son sillage, c’est pouvoir avancer dans l’unité : celle de tous les chrétiens, celle du genre humain.
Pouvons-nous nous arrêter un peu ? Goûter cette prière du Christ pour tout apôtre, contempler sa gloire, sa présence aimante.
Père Alain Paillard
9 mai - 6ème dimanche de Pâques
7 mai 2010 par Paroisse de La Madeleine
La fidélité dans l'amour et l'Esprit Saint
Le soir du Jeudi Saint, après la Cène, Jésus donne à ses apôtres les derniers enseignements avant son arrestation. Il leur avait dit qu'il partait vers son Père mais qu'il revenait vers eux. Puis Jésus s'était mis à leur expliquer cette affirmation énigmatique en les laissant comprendre que le disciple qui l'aime, c'est celui qui garde et met en pratique ses commandements. Son Père aimera alors le disciple qui vit ainsi sa foi, et à celui-ci, lui-même Jésus se manifestera davantage. Un des onze apôtres l'avait alors interrompu pour demander pourquoi il se manifeste à eux et pas au monde. Jésus répondait indirectement à cette question en poursuivant son explication dans le passage de l'évangile d'aujourd'hui ; et les choses s'éclairent vite au fil de son enseignement.
Il s'en va, mais pour revenir et demeurer autrement auprès des siens avec son Père et l'Esprit Saint. Dieu vient demeurer définitivement chez les humains, et il ne tient qu'à ces derniers de mettre en pratique la parole de Jésus qui n'est autre que celle du Père, pour que l'Amour de Dieu vienne à leur rencontre. Mais celui qui n'aime pas refuse cet effort de fidélité, et se rend alors incapable de rencontrer et connaître Dieu. Quant au croyant, il reçoit du Père assistance de l'Esprit Saint qui est l'authentique interprète de Jésus-Christ dont il actualise la parole et la vie avec ces disciples pour le temps présent. Les apôtres et les anciens (cf. 1ere lecture) avaient souci de cette exigence de fidélité au Christ et de docilité à l'Esprit Saint quand, à Jérusalem, ils décidaient de ce qui était obligatoire ou facultatif pour les non-juifs devenus chrétiens à Antioche.
Dans la communion d'amour du Père et du Fils, et sous la conduite de l'Esprit Saint, les fidèles du Christ ont à porter en Église, pour eux-mêmes et pour le monde, la Paix et la Joie du Christ au-delà des vicissitudes de l'histoire
P. Louis Koutou
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2 mai - 5ème dimanche de Pâques
30 avril 2010 par Paroisse de La Madeleine
Le commandement nouveau
Pendant les trois dimanches qui viennent nous allons entendre comme évangile des extraits du discours que Jésus a prononcé après la Cène, le Jeudi-Saint. Judas vient de sortir.
Le Christ s’adresse aux onze apôtres et il leur dit : « Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres » (Jean 13, 34) Pour les juifs pieux qu’étaient les onze, ce propos ne pouvait qu’évoquer ce qui était écrit au livre du Lévitique, chapitre 19, verset 18 : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
Ce qui fait la nouveauté du commandement évangélique c’est ce qu’ajoute Jésus : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres » (Jean 13, 34)
La nouveauté du commandement c’est Jésus lui-même.
Il est au milieu des apôtres, au milieu de son Eglise comme celui qui sert. Il vient de leur en montrer l’exemple en leur lavant les pieds avec l’humilité du serviteur.
C’est Jésus qui nous révèle ce que c’est que d’aimer vraiment Dieu et ses frères. Et il ajoute : « A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 13, 35)
Le commandement de Jésus demeure toujours actuel : il peut être source d’unité, de paix, de respect de l’autre, de service du prochain. A chacun d’entre nous et à nous tous ensemble d’avancer sur ce chemin ouvert par le Seigneur.
P. François de Charnacé
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25 avril - 4ème dimanche de Pâques
23 avril 2010 par Paroisse de La Madeleine
La confiance des brebis aimées
Le Bon Pasteur fait plus que simplement conduire les brebis. En danger, Il les protège. Perdues, Il les cherche. Troublées, Il les console. Blessées, Il les soigne. Il cherche leur bonheur. Le Bon Pasteur vit pour elles.
C'est pour cela que j'aime la prière dite par le prêtre au nom de la communauté après le Notre Père. La prière date des premiers siècles de l'Eglise. On la trouve dans les liturgies de l'Orient et de l'Occident. Dans la messe Tridentine, une forme de cette prière était dite par le prêtre juste avant la Fraction du Pain.
Si nous avons des souffrances, des soucis, des tentations, ou des conflits ; si nous cherchons la paix ou le bonheur, cette prière est pour nous !
Voila cette prière :
"Délivre-nous de tout mal, Seigneur, et donne la paix à notre temps : par ta miséricorde, libère-nous du péché, rassure-nous devant les épreuves en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l'avènement de Jésus Christ, notre Sauveur."
P. Brien McCarthy
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