Feuille Paroissiale
29 août - 22ème dimanche
27 août 2010 par Paroisse de La Madeleine
Invitation à la conversion
L'évangile de ce dimanche n'est guère dans l'air du temps... Les hommes et les femmes de nos sociétés contemporaines sont certainement plus à la recherche des premières places que des dernières. Quel employé chercherait à occuper la position la plus basse dans l'échelle sociale plutôt que de travailler à s'élever dans la hiérarchie. Être « number one » quelque part est une position valorisante tandis qu'être le dernier est considéré, dans le meilleur des cas, comme un manque d'ambitions, de compétences et donc finalement méprisable.
Une fois de plus Jésus manie le paradoxe et prend une position radicalement différente des conventions de toutes les époques. Cette recommandation de la place à prendre dans un repas de noces, de même que l'appartenance sociale des convives, est à l'opposée des us et coutumes de la société et de la psychologie humaine. Pourtant le message est clair. Inverser l'ordre des choses c'est introduire l'idée d'un changement radical et donc d'une conversion... C'est bien à cela que nous sommes invités: changer nos manières de voir et d'être afin de libérer l'esprit qui peut alors se tourner vers Dieu et les autres et non plus vers notre seule personne. Vaste programme.
Père Daniel PONSARD, curé
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22 août - 21ème dimanche
20 août 2010 par Paroisse de La Madeleine
PORTE ETROITE
Chaque jour le Métro de Paris transporte des milliers de personnes à l’endroit qu’ils désirent, des parisiens et parisiennes comme des étrangers venus des quatre coins du monde. La semaine passée une jeune parisienne a pris le métro très tard. Elle pensait faire une correspondance à Madeleine pour prendre la ligne 8. Mais, en arrivant au métro « Madeleine », c'était trop tard. La voila désemparée. Il est intéressant de constater que beaucoup d’étrangers ont prit le métro ce soir-là, respectant les horaires, et déjà tous dans leur lit confortable, mais elle, non. Ce n'était pas une infortune liée à sa personne, le métro n’était pas contre elle, ce n’était pas un complot.
Le fonctionnaire derrière le guichet a expliqué qu’il n'y a plus de métros à cette heure-là. Il n'était pas méchant mais c’était clair et net. C'est fini, c'est fermé. Souvent, ce sont les touristes qui sont coincés parce qu'ils ne connaissent pas bien les heures et les plans du Metro. Mais, cela arrive aussi aux riverains… Ils n'ont pas regardé l'heure ; ils se sont trompé de ligne, ils ont oublié les conséquences fâcheuses de rater le dernier métro. Ce sont pourtant des parisiens.
Jésus a dit « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et ne le pourront pas. Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : 'Seigneur, ouvre-nous', il vous répondra : 'Je ne sais pas d'où vous êtes.»
P. Brien Mc Carthy
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Feuille paroissiale du 15 août 2010
13 août 2010 par Paroisse de La Madeleine
Trois mois avec Élisabeth
Dans notre église de La Madeleine, la statue de Marie (de Charles-Émile Seurre, 1798-1858) se trouve dans la nef. Elle foule au pied le serpent. Une vision de l’Apocalypse, lue ce jour, nous montre la Femme échappant au Dragon et mettant au monde un fils, berger pour toutes les nations. L’Église nous transmet le salut : Marie enfante Celui qui l’a créée. Là où tout semble fragilisé, vulnérable, pointe et monte le salut. Et voici la Femme au désert, continue l’Apocalypse.
Près de Marie, Seurre, le sculpteur, a placé l’Enfant Jésus se tenant debout sur les ruines d’un temple païen. Paul annonce aux Corinthiens que le Christ mettra tous ses ennemis sous ses pieds, dont l’ultime sera la mort-même. Et tout sera remis au Père.
Marie prend un temps, ailleurs. Éloignée de sa Galilée au nord, la voici plus au sud, dans la montagne de Judée. Elle demeure dans une maison qui n’est pas la sienne. Elle n’est pas tant « chez » Élisabeth, qu’« avec » elle, nous rapporte Luc. Environ trois mois. Alors seulement, elle retourne chez elle.
Certains prennent trois mois sur les chemins de Compostelle, d’autres seront sur les mers, à randonner en montagne, ou peut-être encore au travail. Mais se ménager un espace un peu ailleurs, un peu de bon temps avec d’autres, mais aussi avec l’Autre : se remettre au Père, c’est aussi la « pratique » de Marie ; son Fils remet tout au Père. Magnificat !
P. Alain Paillard
Feuille paroissiale du 8 août 2010
6 août 2010 par Paroisse de La Madeleine
L’Evangile à contretemps ?
C'est le mois d'août et beaucoup de gens sont en vacances. Mais l'Evangile de ce dimanche semble déphasé avec notre rythme actuel. Voici quelques paroles de l'Evangile : « Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées » - « Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller » - « Vous aussi, tenez-vous prêts » - « Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail ».
Ouf ! Au moment où nous voulons nous reposer et profiter des loisirs, Jésus nous encourage à la vigilance constante, au travail et au service. Ça me rappelle les discours donnés au petit séminaire lors du départ des séminaristes pour les grandes vacances. On nous a dit qu'il n'y a pas de vacance pour la vocation. On nous a encouragés à rester fidèles à nos prières et à un comportement digne d'un jeune homme qui se sent appelé à être prêtre.
Peut-être, est-il bon de réfléchir sur ces paroles de Jésus pendant les vacances. Pendant l'année, on peut dire qu'on est trop occupé avec métro, boulot, dodo. Peut-être, pendant l'année, on peut se sentir trop occupés pour vraiment être au service de nos époux/épouses, de nos enfants, de nos parents et de nos amis. L'été peut être le moment de recharger nos batteries avec le temps pour prier, pour lire des livres spirituels, ou simplement pour faire une petite promenade dans la nature en rappelant la gloire de la création donnée à nous par Dieu.
Il n'y a pas de vacance pour notre vocation chrétienne. Notre relation avec Dieu et nos proches mérite nos efforts. « Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur ».
P. Brien Mc Carthy
1er août - 18ème dimanche
30 juillet 2010 par Paroisse de La Madeleine
RICHE EN VUE DE DIEU
« Fais comme la terre, toi qui m’écoutes. Porte du fruit comme elle, ne te montre pas inférieur à la nature inanimée. Elle ne nourrit pas ses fruits pour en jouir elle-même, mais pour te rendre service. Toi au contraire, tous les fruits de la bienfaisance que tu montres, tu les recueilles pour toi-même, car la récompense méritée aux bonnes œuvres revient au bienfaiteur. Tu avais donné à celui qui avait faim, mais ce que tu as donné reste à toi et même te revient avec les intérêts.
[Mais] toi qui es riche et qui repousses le pauvre, comme tu devrais être reconnaissant envers le pauvre, ton bienfaiteur, comme tu devrais être joyeux et fier de l’honneur qui t’est fait, car tu n’as pas besoin d’aller réclamer à la porte d’autrui, puisque ce sont les autres qui assiègent la tienne. Mais tu es maussade et inabordable ; tu évites les rencontres pour ne pas être obligé de laisser échapper la moindre aumône. Tu ne connais qu’une parole : “Je n’ai rien, je ne donnerai rien, car je suis pauvre”. Oui, tu es pauvre, tu ne possèdes aucun bien : tu es pauvre d’amour, pauvre de bonté, pauvre d’espérance éternelle. »
Homélie de St Basile de Césarée sur la richesse (extraits)
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25 juillet - 17ème dimanche
23 juillet 2010 par Paroisse de La Madeleine
VOLONTE NEGOCIEE ?
« Vais-je cacher à Abraham ce que je vais faire à Sodome et Gomorrhe ? ». Ce verset de la Genèse (18,17) ouvre la discussion entre Abraham et Dieu. Comme si les décisions que ce dernier va prendre ne pouvaient pas être unilatérales. L’évangile de ce jour fait écho à cette possibilité immense de l’homme, qui influence Dieu. A force d’être importun, « qui demande reçoit ». Nous sommes très loin d’une volonté divine qui viendrait se superposer à une volonté humaine.
En réalité, lorsque la prière des chrétiens (le Notre Père) parle d’une volonté de Dieu qui « soit faite », elle évoque cet accord requis de l’homme. Si je prie ainsi, comme me l’a enseigné le Seigneur, c’est pour que nos volontés s’accordent. Pour que j’examine ma propre volonté à la lumière de celle de Dieu – que je ne connais pas a priori – et discerne si j’agis « en fils du Père ».
En fin de compte, j’aurai toujours à m’interroger sur mes désirs : sont-ils dignes du fils de Dieu que je suis devenu par mon baptême ? La prière enseignée par le Seigneur Jésus doit constamment troubler ma conscience, la maintenir en éveil, et m’obliger à regarder au-delà de mes satisfactions propres. En effet, cette prière commence par un « Notre », qui place les autres en égale dignité de moi.
Les autres sont donc présents dans la prière dès le début, et plus loin lorsqu’il est question de nourriture : « pardonne-nous … nous pardonnons aussi à ceux … ». Sans doute est-ce là ce qui permet de critiquer sa volonté propre : les autres y ont-ils une part ? Il n’y aurait donc pas de volonté « digne » d’un fils de Dieu indépendamment des autres. Abraham l’a compris : il entame une négociation pour sauver d’éventuels habitants inconnus de Sodome et Gomorrhe. Nous voilà loin de la réalisation de soi individualiste …
P. Nicolas de Bremond d’Ars
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18 juillet - 16ème dimanche
16 juillet 2010 par Paroisse de La Madeleine
Accueillir Celui qui vient
Le seizième dimanche est celui de l’hospitalité. Celle d’Abraham, aux chênes de Mambré. – quand il est assis devant sa tente à l’heure la plus chaude du jour. Il lève les yeux et voit trois hommes qui se tiennent debout près de lui. Il aurait pu les saluer et leur donner quelques renseignements sur la route à suivre.
Mais lui, les invite à se rafraîchir, à reprendre des forces et à partager le repas qu’il leur prépare.
Bel exemple de cette hospitalité biblique qui ouvre sur la promesse inattendue d’une descendance pour Abraham et Sara.
Dans l’évangile de ce jour, ce sont Marthe et Marie qui accueillent Jésus. Toutes deux se donnent beaucoup de mal pour recevoir le Seigneur.
Mais celui-ci leur montre le vrai chemin à suivre, même s’il nous parait déconcertant. « Marthe, Marthe, dit Jésus, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part. Elle ne lui sera pas ôtée » (Luc 10,42) L’hospitalité, l’accueil de l’autre nous bousculent dans nos certitudes. Elles ouvent le chemin du possible, le chemin de Dieu qui ne cesse de venir.
P. François de Charnacé
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11 juillet - 15ème dimanche
9 juillet 2010 par Paroisse de La Madeleine
Le bon Samaritain
La parabole du bon Samaritain illumine ce 15ème dimanche.
Jésus la raconte pour répondre aux interrogations d’un Docteur de la Loi qui pose de vraies questions : « que faut-il faire pour avoir la vie éternelle ? » et aussi « qui est mon prochain ? »
Il nous faut accueillir la parabole en passant par le porche de la Loi.
Comme le montre très bien la première lecture de ce dimanche, la Loi de Dieu n’est pas un registre de prescriptions extérieures. Ainsi que le disait Moïse au peuple d’Israël « cette Loi que je te prescris aujourd’hui n’est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte… Elle est tout près de Toi cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur afin que tu la mettes en pratique » (Deutéronome 30, 11 et 14)
C’est ce que Jésus va s’efforcer de faire comprendre au Docteur de la Loi : il nous faut faire nôtre cette Loi, lui donner une place dans notre vie, un rôle qui confère à notre existence sa vraie dimension.
Alors on comprend que même un Samaritain, que les Juifs pieux considèrent comme hérétique, peut se faire le prochain de l’homme blessé, en prendre soin et lui redonner une place dans le monde des vivants.
Comme souvent dans l’Evangile, Jésus nous montre que même ceux qui sont aux marges de la société : publicains, samaritains, prostituées ne sont pas les exclus du Royaume de Dieu et qu’ils peuvent même nous en ouvrir les portes.
P. François de Charnacé
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4 juillet - 14ème dimanche
2 juillet 2010 par Paroisse de La Madeleine
Aux chemins de l’Evangile
Au seuil de l’été, quelques jours après l’ordination des nouveaux prêtres, voici que Jésus envoie ses disciples en mission. Il en désigne soixante-douze, nombre qui évoque les Anciens d’Israël qui, avec Médard et Eldad reçurent le don de prophétie au temps de Moïse (Nombres 11, 26.29) Aujourd’hui c’est toute l’Eglise qui est invitée à devenir un peuple de prophètes et à répondre à l’appel de son Seigneur. « La moisson est abondante, nous dit-il, et les ouvriers peu nombreux » (Luc, 10,2) C’était vrai au temps du Christ, c’est vrai pour aujourd’hui.
Notre monde a grand besoin de vrais témoins de l’Evangile : laïcs, prêtres, religieux, religieuses, foyers, éducateurs, soignants, missionnaires. La liste n’est pas close
Jésus les envoie, nous envoie comme des agneaux au milieu des loups, tant il sait que son message est aux antipodes de celui du monde.
Au pouvoir du fort sur le faible, du puissant sur le misérable, de l’argent sur les plus démunis, Jésus n’a que sa paix, la paix de Dieu à confier à ses envoyés.
Et aussi un message d’espérance : « le Royaume de Dieu est proche ».
Tout cela peut sembler dérisoire mais c’est bien le cœur de l’homme qu’il faut changer. Une tâche immense et cependant toute proche ; Elle nous est confiée comme une lumière qui brille dans la nuit.
L’Evangile d’aujourd’hui dit que les disciples revinrent tout joyeux de leur expédition. Avec eux accueillons la joie et la paix de Dieu pour continuer leur mission : elle est toujours aussi urgente.
P. Francçois de Charnacé
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27 juin - 13ème dimanche
25 juin 2010 par Paroisse de La Madeleine
ÂPRE LIBERTÉ
Malgré les grandes déclarations affichées çà et là, nous savons bien que la liberté est un objectif rarement atteint. Dans tel pays, c’est la liberté d’entreprendre qui est survalorisée ; mais elle se paye d’une précarité impitoyable, et d’un système répressif plutôt brutal. Ailleurs, c’est l’Etat qui protège les citoyens ; mais il les enferme, pour leur sécurité, dans un carcan administratif. On voudrait être libre par rapport à tous les enfermements, tout en réclamant une sécurité.
Elisée le prophète accepte le détachement proposé par Elie ; à condition de ne pas rompre avec ses parents ! Interpellé brutalement sur son désir, il comprend que sa liberté aura un prix : il brûle l’attelage qui l’asservissait au sol, et à l’héritage des ancêtres. Cela rappelle les murmures des Hébreux dans le désert (livre de l’Exode) : la libération de l’esclavage les fait souffrir, ils n’ont plus le confort matériel dont ils disposaient malgré tout. Les gens qui rencontrent Jésus, dans l’Evangile de ce jour, aimeraient le suivre, tout en conservant ce qui les fait exister : mais la suite du Christ est radicale, elle n’est possible que si on détourne les yeux du passé.
Il n’est pas certain que l’on veuille de la liberté ; elle est trop dure à vivre. Etre libre signifie que l’on accepte la précarité des relations, et que l’on renonce à un pouvoir sur les autres. Nous ne sommes pas là pour faire tomber le feu du ciel sur ceux qui ne veulent pas nous recevoir. La véritable liberté, dit St Paul, s’accompagne de l’amour gratuit pour les autres. Elle n’est pas une autonomie qui préserverait des autres, elle est au contraire don de soi aux autres. On n’a jamais fini de l’accueillir dans sa propre vie.
Puissent les catholiques être un groupe qui fait vivre la liberté…
P. Nicolas de Bremond d’Ars
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