Conclusion

Cette église parisienne est plus connue par les touristes étrangers que par les paroissiens eux-mêmes. L'aspect monumental à vrai dire peu religieux exprime force et sévérité, ce qui peut effrayer le passant. A cela s'ajoute la réputation des célébrations religieuses de personnalités : c'est une église pour les grands de ce monde… aussi le petit peuple parisien ignore hélas cette église. L'impression qui reste après une visite de cette église, c'est qu'elle a été construite à une époque où l'histoire de notre pays et la foi avaient été fortement ébranlées. Il fallait d'une certaine manière réconcilier histoire de la France et religion chrétienne.

Le nombre de statues de saints français en témoigne. Saint Bernard prédicateur de la Croisade et conseiller du Pape est présent par trois fois. La croisade… l'Orient, la Conquête de l'Algérie, la France qui retrouve une certaine place dans le monde… tout cela est sous-entendu.

La dimension de ce monument a demandé qu'il soit "meublé". D'où le nombre de statues où hommes et femmes sont à peu près à égalité. Certains diront qu'il y en a trop.

Ce qui est remarquable, et peut-être non voulu, mais qui peut aider à prier, c'est la présence du Christ au centre de la fresque de Ziegler ; puis le Christ juste au-dessous, dans le même axe, dans la mosaïque de Lemaire, puis encore au-dessous le tabernacle où le Christ est présent dans… La porte du tabernacle montre Jésus ressuscité apparaissant à Marie-Madeleine.

Le Ressuscité est le centre de cette église à l'intérieur comme sur le fronton. C'est Lui qui a dit à Marie-Madeleine : "mais va trouver tes frères…"

La Madeleine, ou mieux l'église Sainte-Marie-Madeleine est le lieu où en haut de 28 marches Dieu est adoré. Le rez-de-chaussée est le lieu où les frères à aider et à servir sont reçus. Ce monument voudrait vivre le double commandement que Marc met dans la bouche du Christ :

"Écoute Israël, le Seigneur ton Dieu est l'unique Seigneur, et tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux là." (Marc 12, 28-31)


Bernard Mollat du Jourdin, curé de La Madeleine