Paroisse de La Madeleine

Evénements

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   H o m é l i e s  d o m i n i c a l e s 

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Homélie du 7ème dimanche de Pâques (année A)

Pour rentrer dans la compréhension de ce texte d’évangile, avouons-le, assez obscur à une première lecture, je vous propose  de tenter de répondre à deux questions. Qui parle dans ce texte et de quoi est-il question ?

Qui parle ? Spontanément, nous dirions Jésus. De fait, l’évangéliste Jean nous dit au début : « Jésus leva les yeux au ciel et pria ainsi. » Mais curieusement, plus loin, celui qui parle, quand il se nomme  se dit « Ton Fils » et quand il nomme celui à qui il s’adresse, il dit « Père »

On peut se demander si dans cette prière, est-ce le Fils de l’Homme, un homme au milieu des hommes qui s’exprime ou le Fils de Dieu, l’Unique, celui en qui le Père a mis tout son amour ?

Jamais dans la vie du Christ et donc ici dans sa  prière, on ne peut séparer sa relation de Fils au Père et sa relation d’homme à Dieu. Les deux relations se superposent en quelque sorte, comme s’il appartenait en même temps  à la mission du Fils de Dieu de porter toutes les prières de ses frères et  à la vocation  de l’homme Jésus d’avoir l’humilité de ne plus tenir Dieu pour son Maître mais pour son Père.

Le Fils de Dieu est donc le même que le Fils de l’Homme et vice versa. Il y a donc du même fait une sorte de  superposition du temps et de l’éternité. Le temps de l’histoire où est prononcée cette prière et l’éternité de l’Evangile, qui, on le sait, doit s’entendre au présent, comme une parole de Dieu se donnant aujourd’hui.

Essayons maintenant de répondre à la deuxième question que nous nous étions fixés.  De quoi le Christ parle-t-il ? Il parle de gloire. On note en effet que le verbe glorifier et le mot gloire reviennent très souvent. Cette prière concerne donc une glorification.

Jésus rend gloire à Dieu. Il est appelé à rendre gloire à Dieu en le faisant reconnaître par les hommes comme la Source de toute vie. Il doit glorifier son Père  « en donnant comme le dit saint Jean  la vie éternelle à tous ceux que le Père lui a donnés. ». Et c’est bien ce qu’il a accompli. Mais étrangement et cela nous déconcerte, Jésus prie le Père  de lui donner comme sa propre glorification, signifiant ainsi que cette glorification du Père sera en même temps sa glorification à lui le Fils  par le Père. Mais comment cet échange est-il possible si le Père n’a besoin de rien pour être Dieu ? Et si le Fils n’a lui aussi, besoin de rien, puisqu’il atteste que « Tout ce qui est à moi est à toi et tout ce qui est à toi est à moi ? » Alors on se pose la question : Le Père et le Fils auraient-ils besoin d’être reconnus l’un par l’autre, eux qui se connaissent de toute éternité ? L’Evangile demeurerait incompréhensible s’il ne précisait aussitôt que cette glorification mutuelle du Père et du Fils  n’a de sens que par rapport aux hommes à qui est donnée la vie, cette vie qui consiste à « connaître le seul véritable Dieu et celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ. » Ainsi le Père sera-t-il glorifié quand le Fils le fera connaître aux hommes et le Fils sera glorifié à son tour quand le Père le présentera aux hommes en lui disant « Aujourd’hui tu es mon Fils » Se donnant l’un l’autre à tous les hommes, le Père et le Fils,  sans aucune autre raison que leur bonté et leur désir de se communiquer, feront déborder sur nous, les hommes,  l’unité, la joie et la gloire qu’ils ont en commun, comme si leur échange éternel de Père et de Fils avait cette propriété de se répéter en nous tous et sous l’action de l’Esprit, en se partageant à  nous dans une parfaite communion .

De même que le Fils de Dieu est le même que le Fils de l’Homme, que l’Eternité et le temps se superposent rien ne nous interdit de dire que la stabilité de Dieu n’est pas contradictoire avec la Nouveauté de donner.  Puisse L’Esprit Saint nous introduire dans cette prière du Christ  qui nous  ouvre, nous révèle  et nous fait participer, communier à cette dynamique où Homme et Dieu, temps et éternité, immuabilité et  nouveauté se vivent et se partagent sous le signe d’une totale gratuité.

                                                                                                                          Bruno Horaist, curé        

 

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Homélie de l'Ascension

 

Lorsque  saint Luc nous raconte dans son récit des Actes que Jésus s’éleva et qu’une nuée le déroba aux yeux des apôtres, il parle bien sûr en image. Pour autant, en parlant ainsi,  il ne veut pas dire que l’Ascension n’est pas un évènement réel. Mais s’il emploie cette image c’est  une façon de nous inviter à  reconnaître que cet événement est d’une réalité autre que la simple réalité palpable. En employant ce langage imagé, Luc veut nous donner un témoignage non pas simplement descriptif mais un témoignage qui   déborde  au-delà du signe qu’il désigne. C’est le propre de ce que nous avons l’habitude d’appeler les écrits inspirés. On se souvient par exemple du passage du Livre d’Isaïe où le prophète dit : « Oracle du Seigneur : aussi haut qu’est le ciel au-dessus de la terre ;  sont hautes mes voies au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. » Ainsi, toutes les notions, toutes les images que nous utilisons pour nommer pour décrire la réalité de  Dieu, nous les empruntons bien sûr à notre monde visible mais elles n’atteignent leur sens qu’en outrepassant le sens premier et pour cela en recourant aux paradoxes.

 Justement, le récit de l’Ascension, dans le Livre des Actes,  contient deux paradoxes sur lesquels il est intéressant de s’arrêter. Le premier correspond à l’image de la nuée qui sert, pour ainsi dire, de char de feu ou de véhicule à Jésus.  La Bible fait souvent recours à  l’image de la nuée. On pense par exemple à Elie qui disparait du regard d’Elisée. De même, la nuée de l’Ascension  rend Jésus définitivement invisible au regard des hommes.  Et d’un autre côté, on pense à la nuée qui guidait Moïse pendant  la marche au désert, de l’Egypte à la terre promise. Et là, la nuée n’absorbait pas le visible mais au contraire la nuée était l’image de l’invisible qui se rend présent. La nuée dans le récit de l’Exode garantit au Peuple de Dieu la présence fidèle de son Seigneur. Donc saint Luc en disant que Jésus « s’élève dans la nuée » veut faire comprendre qu’il est désormais  à la fois invisible et présent, invisible parce que présent  non plus à côté de nous mais en nous, intérieurement, présent bien qu’invisible comme Dieu. Mais personne d’entre nous ne peut comprendre ni expliquer pourquoi et comment il en est ainsi, puisque tant que nous sommes sur terre, nous ne pouvons jamais voir  simultanément l’invisible de l’au-delà et le visible   de notre environnement.

 Le second paradoxe concerne la parole que les deux hommes « vêtus de blanc » transmettent aux disciples : « Pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel ? Celui qui vous a été enlevé, ce même Jésus, viendra de la même manière que  vous l’avez vu faire route vers le ciel. » On se pose la question bien légitime, de savoir comment Jésus reviendra-t-il, comment nous pourrons le reconnaître présent. La réponse qui nous est donnée est sans ambiguïté : « De la même manière » qu’il est parti vers son Père, et qu’il est devenu invisible à Emmaüs après avoir partagé le pain. Cela signifie encore une fois de manière paradoxale que c’est en s’absentant de chez nous que le Christ viendra vers nous, c’est en nous quittant  pour aller plus loin qu’il se rendra présent, c’est en se retirant vers son Père qu’il nous rejoindra au plus profond de nous-mêmes. De nouveau notre intelligence perd pied pourrait-on dire. On ne saurait expliquer rationnellement comment  le fait de partir peut être la même chose que le fait de venir, et  comment le fait de rencontrer quelqu’un soit  pareil  que le quitter.

Etrange Nouvelle dont nous ne pouvons saisir le pourquoi ni fournir une explication à ceux qui nous questionnent ! Etrange annonce que nous avons à recevoir telle quelle, comme la Parole dont nous ne maîtrisons ni l’origine ni le sens.

Ce récit des Actes des Apôtres est donc une invitation à intégrer ce langage paradoxal dans notre chemin de foi.

Ce texte nous invite à avoir  un cœur pur, un cœur qui ne s’habitue pas, un cœur tel que le Seigneur nous a commandé de retrouver. Si les paradoxes se multiplient ainsi dans les récits de Pâques, de l’Ascension et de Pentecôte, ce n’est point par hasard, puisque la résurrection du Christ, son éveil  hors du tombeau est un mystère d’ouverture et de naissance, de naissance à la vie qui « surpasse toute intelligence ». Que cette fête de l’Ascension soit pour nous l’occasion de faire l’expérience  d’ouverture à  plus grand que nous-mêmes. Que nous soyons disponibles à recevoir ce que le Christ a promis quand il disait déjà le jour des Rameaux : «Et moi, élevé de terre, j’attirerai tout vers moi. »

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              Bruno Horaist, curé

 

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Dimanche 17 mai

6ème dimanche de Pâques

 

« Le Père vous donnera un autre défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité » : L’Esprit de vérité, l’Esprit Saint : y croit-on vraiment ?« A quoi sert donc le Saint-Esprit ? » demandent beaucoup  de chrétiens, même très engagés dans la mission de l’Eglise. Jésus, à plusieurs reprises, par touches successives, nous initie à l’identité de l’œuvre du Saint-Esprit. Il n’en parle pas seulement  avec des images, comme d’une force impersonnelle, un dynamisme, une énergie, un souffle, un vent, une eau, un feu, comme tout au long de la première alliance. Trop souvent, aujourd’hui encore, dans nos commentaires d’Evangiles, nous n’allons pas plus loin que ces métaphores. Or, pour Jésus, l’Esprit est vraiment quelqu’un. Le caractère personnel et la divinité du Saint-Esprit ne sont pas l’invention de conciles tardifs. Selon les paroles mêmes de Jésus, assimilées par ses disciples, l’Esprit prend le relai de la mission du Christ. Il prolonge son œuvre et inscrit sa prière dans le cœur des croyants. Il est ainsi annoncé comme l’acteur d’actions  éminemment personnelles : il témoignera, il enseignera, il rappellera, il mènera les disciples vers la vérité tout entière, c’est-à-dire jusqu’à la plénitude du Christ qui est lui-même la vérité.

Tel est bien  le sens de l’Incarnation : « le Christ s’est fait porteur de chair pour que nous soyons porteurs d’Esprit » (Athanase)

 Jésus donne  l’Esprit qui vient du Père qui est la source de cet Esprit d’amour. Et la mission de l’Esprit est de nous faire entrer à notre tour dans ce mouvement, ce dynamisme. C’est la mission de l’Eglise : «  L’Esprit n’était pas encore venu sur aucun d’entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains et ils recevaient le Saint-Esprit. » Tout comme ces premiers chrétiens, au jour de notre baptême, et au jour de la Confirmation de notre baptême, nous recevons le même Esprit. Comme eux, à la suite du Christ, nous sommes invités à lire dans les paroles de la Bible le programme de notre mission : annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, proclamer aux captifs la libération, et aux aveugles le retour à la vue. Au point que nous pouvons dire comme Jésus, dans un « aujourd’hui » qui n’est jamais autrefois mais qui est sans cesse actualisé par l’Esprit : « Cette parole de Dieu que nous venons d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »

Cet Esprit qui demeure en Jésus, cet Esprit qui nous habite, n’est pas un doux zéphyr un peu vague, c’est une force qui nous empoigne et nous oblige à bouger. La vraie liberté, n’est pas la fantaisie, c’est le bonheur d’être soi-même et de se décider selon son être profond. Le bonheur c’est, dans ce qu’on fait, devenir ce qu’on est. Jésus n’est jamais tant lui-même, donc jamais aussi libre, qu’en étant pleinement Fils, tout ouvert au désir, au projet du Père, coïncidant avec cet élan de vie et d’amour qui le fait exister et qu’il traduit dans tous ces gestes et toutes ces paroles. En ce sens, il vit  constamment l’expérience, et nous sommes invités à la faire avec lui, que l’Esprit Saint loin d’aliéner, rend libre. « La grâce libère la liberté » disait saint Augustin. Dieu ne peut contraindre, il ne sait qu’inviter. Il n’impose pas, il propose.

Ainsi, celui qui, à la suite du Christ s’ouvre pleinement à l’Esprit de Dieu, devient complètement libre, pleinement lui-même, ce pour quoi il est fait, fils dans le Fils.

Dans cette perspective, les chrétiens que nous sommes, ne vivons pas notre baptême sous le régime de la contrainte ou comme un destin prédéterminé : mais, habité de L’Esprit, nous attestons en disciples du Fils à travers l’histoire qui est la nôtre la fidélité de Dieu à son projet d’inscrire en son œuvre la marque de son être, l’amour.

Bruno Horaist, curé

 

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Dimanche 10 mai

Homélie du 5ème dimanche de Pâques

 

« Je suis le chemin, la vérité et la vie » Jésus ne dit pas d’abord « Je suis la vérité » ou « Je suis la vie » Il dit « Je suis le chemin » comme pour nous faire comprendre que la vérité dont il est témoin, la vie dont il est porteur ne sont pas des concepts  intellectuels théoriques mais des réalités à découvrir sur le chemin de la vie, en cheminant librement dans notre existence. C’est bien ce que nous révèle le Christ lui-même. Il est le chemin de la liberté. Libre de tout, il nous libère d’abord de ce qui nous enferme en nous-mêmes. Sans cesse, il part, il sort, il chemine  sur les routes. Il vient de Dieu, il va vers Dieu, sans aucune entrave. Il est Dieu qui vient vers nous. Il est l’homme qui va vers Dieu. Il va  sans cesse de l’un vers l’autre en se donnant par pure bonté.  Plus encore que la vérité ou le bien, c’est la bonté qui transparaît dans ses paroles et ses gestes. Une bonté qui n’a rien à prouver, mais qui est là, gratuitement, sans calcul, comme le fond même de l’être. Pour Jésus, pour Dieu, être c’est aimer. Dieu n’aime pas. Il est l’amour. L’amour qui fait exister, c’est-à-dire sortir de soi pour que l’autre existe. Là est le chemin de notre humanité. Là est le chemin de notre divinisation. Et pour devenir notre chemin, Jésus, le Fils de Dieu, suit le chemin des hommes. Des hommes, des femmes furent pour lui chemin vers le Père. C’est avec eux, par eux aussi, qu’il apprit humainement à aimer, à inscrire dans nos gestes et nos paroles l’amour qui vient de Dieu. C’est sa mère qui fut pour lui, chemin, par la vie qu’elle lui donna, dans la foi et l’amour. Son « oui » inaugural fut le chemin pour tous les « oui » de Jésus et le « Magnificat » de la mère ouvre le chemin vers l’Eucharistie du Fils. Ses disciples, tous ceux qu’il a appelés à le suivre, ont évidemment tout reçu de lui. Mais eux, les disciples, avec leur enthousiasme et leurs incompréhensions et leurs questions, ils ont aidé le Christ à comprendre les hommes et ce qui les freinait dans leur cheminement : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions connaître le chemin ? ». Auprès de ses compagnons de route, Jésus a appris l’humanité avec ses désirs et ses lenteurs : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas Philippe ? ». Il a approché l’homme, ses joies, mais aussi ses blessures, comme le Samaritain à genoux au bord de la route devant cet inconnu. Auprès de chacun, il a pris la mesure de la faim de l’homme et de son désir de Dieu. A travers eux, c’est le Père lui-même qui l’appelait et l’invitait à élargir son horizon, à reprendre la route quitte à se laisser « dérouter » par certains. On n’en finirait pas de nommer tous ceux et celles qui se sont trouvés sur la route de Jésus et à qui il a pu dire « J’ai besoin de toi pour être moi » et qui ont été pour lui, son chemin vers Pâques, son chemin vers le Père.

Alors suivre le chemin de Jésus, choisir Jésus comme chemin, c’est nécessairement s’immerger avec lui dans l’humanité pour y incarner la bonté toute gratuite de Dieu. Après Pâques, comme les premiers disciples, les chrétiens sont invités à ne pas rester le nez en l’air à rêver d’un Dieu extraterrestre qui les dispenserait d’user leurs semelles sur les chemins de ce monde. Dans la logique de l’Incarnation, avec le Christ, le chrétien, le baptisé plonge lucidement dans ce monde, non pour s’y noyer, mais pour y incarner l’amour qui vient de Dieu. « L’homme est la route pour l’Eglise » osait dire Jean-Paul II « L’homme dans son être personnel mais aussi communautaire et social disait le pape, est la première route et la route fondamentale de l’Eglise, route tracée par le Christ lui-même. »C’est pourquoi les chercheurs de Dieu qui ont découvert Jésus savent qu’ils ne le trouveront pas seulement dans les livres, ni dans les églises, mais dans leurs frères.

Oui, ne nous trompons pas  de Christ. Il n’est pas dans les nuages des spiritualités désincarnées. Il nous attend su notre chemin d’humanité.

Alors, ce matin, comme au  matin de Pâques, parce que c’est Pâques tous les matins, nous sommes invités à nous tourner vers le Ressuscité pour lui dire : « Pour moi, pour nous, pour l’humanité, tu es le chemin. »

Bruno Horaist, curé

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Homélie du 4ème dimanche de Pâques - 3 mai

 

Le dimanche du Bon Pasteur

Chaque année notre Eglise fait de ce dimanche celui de la journée de prière pour les vocations, en se souciant tout particulièrement des vocations de pasteurs c’est-à-dire ceux que l’on appelle les prêtres. Mais peut-on si rapidement identifier les prêtres aux pasteurs ?

Qui est Pasteur ?

Dans l’Ancien Testament, c’est Dieu lui-même qui est le pasteur de son peuple.

Le psaume d’aujourd’hui le redit : « le Seigneur est mon berger. » Un jour viendra, promet le prophète Ezéchiel, donc toujours dans l’Ancien Testament, un jour viendra, nous dit-il où en ayant assez des mauvais bergers, des mauvais pasteurs qui exploitent leur troupeau, Dieu viendra lui-même se faire le berger de son peuple, il viendra rechercher les brebis perdues, prendre soin des éclopés.

Dans le Nouveau Testament Jésus reprend ce titre de Bon pasteur : « Je suis le Bon Pasteur et la porte des brebis. »Il est seul dans l’Evangile à se présenter sous ce titre. C’est très audacieux. Cela veut dire qu’en lui, Jésus, la promesse de Dieu s’accomplit. Dieu vient prendre soin de son peuple en nous envoyant son Fils. En Jésus, c’est Dieu lui-même qui réalise sa promesse de venir prendre soin de nous. Le seul vrai berger, c’est donc lui Jésus, au nom de Dieu.

Après, les premiers chrétiens, ont choisi certains pour être pasteurs des différentes communautés. Mais cela a toujours été en référence au Christ, le Bon Pasteur.

Les pasteurs, les bergers, ceux qu’on appelle aussi les prêtres ne prennent pas la place de Jésus. Mais dans leur service, dans leurs initiatives, ils rappellent que c’est lui Jésus la tête du troupeau ; c’est lui  le Bon Pasteur.

« Seul le Christ fait dans le prêtre, ce que le prêtre fait tous les jours dans la vie de l’Eglise » disait Jean-Jacques Olier, le fondateur des prêtres de Saint-Sulpice, spécialisés dans la formation des séminaristes.

Pour  les prêtres, comme pour le Christ,  être pasteurs ce ne peut être qu’une passion (dans le sens de donner) et non pas une fonction. C’est ce que le pape François exprime lorsqu’il oppose à propos des prêtres la logique du médiateur, celle du Christ, qui paie de sa propre vie à celle de l’intermédiaire qui formate des fonctionnaires qui remplissent une tache et touche leur paie.

Le médiateur, à l’image du Christ, est celui qui entendu l’appel à donner, à se donner. On pense bien sûr aux prêtres, mais les prêtres ne sont pas les seuls à  vivre de cette logique. En effet le mot pasteur on le trouve dans un autre mot : pastoral.   On parle de la pastorale de la santé, des religieuses en pastorale, des responsables de la pastorale des jeunes, etc. Tous ceux et celles qui aujourd’hui dans l’Eglise reçoivent une mission pastorale dans la conduite du Peuple de Dieu, dans les paroisses, les aumôneries, dans les activités caritatives vivent leur responsabilité  comme les prêtres en référence à l’unique Bon Pasteur, c’est-à-dire au Christ qui se donne.

Parmi eux, il y a les prêtres qui ont la charge de mettre en œuvre toutes ces responsabilités reçues et prises par les uns et les autres. Les prêtres sont comme des hommes-orchestre dirigeant toute une symphonie pastorale.

La vocation des prêtres, c’est le souci de la vocation de tous : que tous soient saints et missionnaires. La mission des prêtres c’est que tous se sachent appelés et envoyés. La présence des prêtres au sein de la communauté des chrétiens  rappelle qu’en tout ce que nous faisons, à travers nos gestes limités, maladroits, toujours insuffisants, c’est toujours Dieu lui-même qui se voudrait l’unique Pasteur, et le Christ l’unique chemin, la seule porte d’entrée.

« Je suis la porte » dit Jésus. En parlant ainsi, il souhaite que nous ne l’enfermions pas dans une définition, mais que nous le découvrions sous le signe de l’ouverture. Lui, est la porte par où on entre dans la Maison du Père et par laquelle on passe pour aller vers les frères : la porte est parfois entrebâillée, parfois grande ouverte, jamais verrouillée. Le soleil  y pénètre, le vent s’y engouffre, souffle imprévisible de l’Esprit.

C’est de ce souffle de l’Esprit  que les pasteurs, les prêtres ont à être témoins.

Tel le Bon Berger, les prêtres ne sont pas là  pour enclore leurs brebis dans la bergerie, mais pour les mener dehors vers les verts pâturages. Sortir  ensemble des clichés trop usés qui figent et paralysent. Sortir des sentiers battus non pour le plaisir de changer mais pour aller rejoindre ceux qui sont à la périphérie comme aime à nous le rappeler le pape François. Aller, à la rencontre de ceux qui ne sont jamais entrés ou qui n’ont plus envie d’approcher.

Ouvrir la porte, ouvrir les fenêtres disait  Jean XXIII en inaugurant le Concile : « Je veux, disait-il, ouvrir la fenêtre de l’Eglise afin que nous puissions voir ce qui se passe dehors et que le monde puisse voir ce qui se passe chez nous. » telle est la mission des pasteurs que l’Eglise cherche à embaucher.

Bruno Horaist, curé

 

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Homélie du 3ème dimanche de Paques 

dimanche 26 avril 

 

L’évangile d’Emmaüs, propre à saint Luc, nous invite à être témoins d’un parcours de reconnaissance du Christ vivant. Il ne s’agit pas d’une apparition subjugante du Christ ressuscité mais d’un patient cheminement qui met en place tous les éléments de la catéchèse pascale. Dans cette page d’évangile nous est livré le canevas du premier enseignement chrétien, mais sous une forme narrative qui séduit aussi bien l’incroyant que le catéchumène l’enfant du catéchisme que le croyant de longue date.

Luc nous révèle dans son récit qu’après la résurrection, Jésus est désormais vivant dans la dimension de Dieu tout en étant cependant toujours vivant avec les hommes.

 « Il est vivant ». La croix qui avait été vécue par les disciples comme un point final catastrophique n’a pas enfermé Jésus dans les filets de la mort. Dieu a ressuscité celui que les hommes avaient injustement condamné. Mais l’identité divine de Jésus n’éclipse pas son identité humaine : aucun autre texte pascal n’insiste autant qu’Emmaüs sur la réalité corporelle de Jésus. Il marche, il parle, il mange. Il ne peut être Dieu  qu’avec les hommes, à leurs côtés. La foi reconnaît le Christ comme compagnon de route, vrai chemin de vie vers le Père. Il n’est pas le messie que l’on attendait. Il n’est pas un prophète de plus. Il dépasse nos espérances. Il est l’accomplissement insurpassable, inconcevable de l’Ecriture. A partir d’Emmaüs, les chrétiens sont invités à lire la parole de Dieu à partir du Christ « herméneute du Père, arbre véritable de la connaissance. » selon l’expression du cardinal Ratzinger.

Mais en bonne tradition prophétique, il faut joindre le geste à la parole. Chez saint Luc  Jésus  aime se mettre à table avec ses disciples. Pour lui, le Royaume de Dieu a forme de repas. Mais l’inouï est que c’est lui-même qui se donne en nourriture, pain partagé pour le salut du monde. Dans notre évangile, le pain parle autant que l’Ecriture. Il ne supplante pas la Parole, mais il l’incarne. La fraction du pain récapitule toute l’histoire du salut et particulièrement la mort et la résurrection du Seigneur.

Finalement, grâce à la rencontre, l’explication des Ecritures et la fraction du pain, les disciples vivent une transformation extraordinaire, un véritable« retournement ». Pour eux, le Christ se fait « samaritain » de leur vie. Il leur révèle son action rédemptrice. En se livrant à eux à hauteur de visage humain, en marchant côte à côte avec eux, il leur révèle son identité : Jésus Christ s’est incarné pour nous montrer la figure humaine de Dieu. Il le dit clairement : « Celui qui m’a vu a vu le Père. » Ils passent de la fuite à l’adhésion, de la surdité à l’écoute, des ténèbres à la lumière, de la peur au courage, de la désillusion à l’espérance, de la démission à la mission, du sentiment de l’échec à la certitude de la résurrection, de la solitude à la communauté, de la mort à la vie.

Ces multiples retournements leur permettent de réaliser le caractère indissociable du commandement de l’amour de Dieu et celui de l’amour du frère. Cela devient une évidence pour eux. Oui,  voilà ce qui se passe sur la route d’Emmaüs : le chemin de l’homme et chemin de Dieu se rejoignent. Pas d’autres chemins pour aller à Dieu que celui de notre humanité. Dieu n’est pas ailleurs. Il se donne à reconnaître  vivant au cœur de notre vie.

Le ressuscité nous invite à le rencontrer sur le chemin de la vie qu’il est lui-même. Depuis Emmaüs, le Christ est la fois la trace à suivre et le terme à viser. Saint Augustin disait : « Si tu cherches la Vérité, suis le chemin ; car le chemin c’est aussi la Vérité. Passe par l’homme et tu parviens à Dieu. C’est par l’homme que tu vas à Dieu et que tu aboutis. »

Que cette eucharistie nous permette de le réaliser.

Bruno Horaist, curé

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Homélie du dimanche 19 avril 

Thomas

Thomas, son nom, nous venons de l’entendre signifie : « jumeau ». Jumeau de chacun de nous. Thomas est le frère jumeau de notre incrédulité et le frère jumeau de notre foi.

A l’inverse, nous sommes son jumeau. Comme lui, nous souhaitons être libres  et ne pas adhérer à la Bonne Nouvelle de la résurrection sur le simple témoignage des autres. Comme lui, nous sommes à la fois inquiets et nous cherchons à comprendre. Nous nous reconnaissons en lui : à la fois, il a envie d’être seul, il n’était pas là avec les autres le jour de Pâques et en même temps il ressent le besoin de rejoindre le groupe et de partager avec eux leur expérience.

Alors, oui, nous sommes très proches de Thomas. Mais osons être proches de lui non seulement dans ses réticences  mais aussi dans son audace et sa confiance.
Avec lui, comme lui, cessons de borner notre crédulité à la réalité de la mort, osons nous laisser appeler à une réalité plus grande.
Jésus, une fois encore ne manifeste aucun agacement à son égard. Il comprend son incrédulité. Il rejoint Thomas là où il s’est arrêté. Thomas a intégré sa mort. Le Christ le lui confirme en lui montrant ses plaies. D’ailleurs elles ne sont pas cicatrisées. La mort n’est un simple mauvais souvenir. Elle est présente.
La résurrection ne supprime pas, n’abolit pas la Passion. Elle en livre le sens. C’est même en voyant les plaies de Jésus, en méditant sur la signification de sa mort que Thomas va reconnaître son identité de ressuscité.
« Mon Seigneur et mon Dieu » Thomas comprend enfin que les souffrances de la Passion ne sont pas seulement les traces de la méchanceté des hommes, mais le signe de la profondeur de l’amour dont le Christ  nous aime. Les plaies du Christ révèlent l’amour divin, elles disent la divinité du Christ. En comprenant enfin le sens des souffrances de Jésus, il entrevoit ce que c’est d’être Dieu : aimer jusqu’au bout, jusqu’à la mort. Il nous a aimé jusque- là, réalise Thomas.
Le côté et les pieds et les mains blessés n’attestent pas seulement la pleine vérité de l’humanité de Jésus.  Comme le tombeau vide au matin de Pâques, ces plaies ouvertes manifestent l’ouverture à la vie. Cœur transpercé, Vie donnée, vie partagée. Tout comme le pain fractionné à Emmaüs.
Jésus révèle Dieu à Thomas et à chacun de nous, sous le signe de celui qui se livre, qui s’ouvre, qui se donne aux autres. « Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne », « Ne me retiens pas, Marie, va vers tes frères »
L’évangile de ce jour nous redit à sa façon que Pâques n’est pas la Promesse d’un retour à ce qu’était la vie avant que tout chavire. Non, mais de cette vie, meurtrie, brisée, surgit une vie nouvelle, inattendue. Les blessures de Jésus sont là, hideusement là, mais elles sont portées par la vie et non pas par la mort. Ces plaies mortelles sont béances d’amour, source d’une vie qui ne finit pas.
Dans notre monde d’aujourd’hui, et l’actualité nous le rappelle, il y a encore ceux que nous appelons les blessés de la vie.
Aujourd’hui, comme hier, des chrétiens se mobilisent et tentent d’être présents au cœur de la crise et tentent de répondre aux besoins avec leur charisme propre. Partout, des personnes, des associations consolident, entretiennent cette chaîne de la charité auprès du personnel soignant et  des malades sans oublier les gens de la rue dont la solitude est encore accrue par le confinement. On pense ici dans notre paroisse au Refettorio qui prépare chaque jour des centaines de paniers repas pour le Samu social. Ainsi à chaque génération, des hommes et des femmes  comprennent que les pauvres, les malades, les isolés sont le Corps du Christ à part entière. Ils  réalisent que c’est aussi vers eux, vers leurs souffrances, leurs plaies que Jésus les renvoient. Ils font la même expérience que Thomas quand le ressuscité lui dit : « Avance ta main, mets-la dans mon côté. » En  acceptant d’avancer au cœur de l’humanité blessée, en mettant toute leur vie au service des plus fragiles, à la force de leurs bras, à la sueur de leur front, ils ne sont pas de simples  disciples de l’humanité de Jésus, ils sont témoins éblouissants de son Corps ressuscité.

 

Bruno Horaist, curé

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Homélie du dimanche de Pâques

Pâques, nous le savons, c’est la résurrection du Christ. Mais qu’est-ce que la Résurrection ? On aimerait en lire la description en avoir une explication dans l’Evangile : rien.

La résurrection de Jésus ne se raconte pas. Il n’y a rien à décrire, car il n’y a rien à voir. Lorsqu’on se penche dans le tombeau pour chercher à saisir des indices, le Christ n’est déjà plus là. « On a enlevé le Seigneur de son tombeau et nous ne savons pas où on l’a déposé. » s’inquiète Marie-Madeleine. Elle ne voit que le vide du tombeau. Or Le tombeau n’est pas seulement vide, il est ouvert, ouvert sur la vie, sur l’avenir.

Dans le tombeau, il n’y a rien à voir juste quelques linges. Ce qu’il y a à voir est ailleurs. Marie-Madeleine et nous-mêmes à sa suite devons  apprendre   à voir autrement. Nous sommes invités  non pas à voir mais à reconnaître. « Il vit et il crut »  La Résurrection, c’est un appel à faire une expérience, l’expérience de passer du vide  noir comme un tombeau à l’ouverture lumineuse  sur la vie où le Christ ressuscité nous attend. 

La résurrection n’est pas  une histoire ancienne finie, elle est évènement contemporain de chacun de nous. Elle n’appartient pas au récit mais au témoignage.  Rendre témoignage du Christ vivant, c’est déjà ce que Pierre et les autres apôtres ont fait après la Pentecôte comme nous le rappelait la première lecture tirée des Actes des apôtres. Ils rappellent à leur auditoire de l’époque et plus largement à chacun de nous le sens du baptême : Etre baptisé, c’est passer de la mort à la vie à la suite du Christ ressuscité. Etre baptisé, c’est vivre de la résurrection.

Passer de la mort à la vie, c’est une tension, une aventure qui ne se fait pas en un jour. C’est l’affaire de toute une vie. La vie est faite de passages successifs. On pense  par exemple au passage de l’enfance à l’adolescence,  à la vie avant et après le mariage ou encore à notre société avant et après le virus du Corona. Chaque passage est une invitation nous permettant non sans peur, non sans regret de grandir, de découvrir de nouvelles réalités.

C’est ce que Dieu notre Père a toujours proposé à son Peuple : le faire grandir, le libérer, l’ouvrir à une vie plus large. En nous donnant son Fils, le Christ,  il n’a rien voulu nous dire d’autre. Mais il l’a dit de façon complète, définitive. Toute sa vie, homme parmi les hommes, Jésus a opéré, vécu de multiples passages, non sans en être profondément bouleversé. « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » dira-t-il à son ultime passage. Et de son côté ouvert coula de l’eau et du sang : le baptême et l’eucharistie : sources jaillissantes de vie.

Sources auxquelles cette fête de Pâques nous invite  à aller nous renouveler. Car nous avons besoin d’être ressourcés dans notre foi, d’être appelés à mieux comprendre l’Ecriture, à recevoir de nouvelles responsabilités. La vie de baptisés comme celle du ressuscité est une vie qui bouge. Comme Marie-Madeleine et les apôtres au matin de Pâques, le baptisé est un chercheur de Dieu. Non pas dans le vide du tombeau, mais dans le cœur battant de la vie. La vie du baptisé est une vie qui se renouvelle « Purifiez-vous des vieux ferments et vous serez une pâte nouvelle » nous disait saint Paul dans l’épître. Reconnaître les germes nouveaux dans notre monde. Ces germes sont par définition petits comme est vacillante  la flamme  du cierge pascal. Car Dieu en son fils se révèle et agit humblement dans l’histoire de chacun comme dans celle du monde. Il ne cherche pas à s’imposer, mais il est comme du levain qui suscite la liberté, la droiture, la vérité et l’amour dans les cœurs. Le mystère de Pâques est là offert à tous, signe caché et cependant lumineux. Soyons attentifs, au cœur de notre monde, Dieu continue à parler, à faire naître. Pâques c’est fragile comme une naissance, c’est fort comme la vie.

 

Bruno Horaist, curé

 


 

 


Homélie 
du dimanche 29 mars

5ème carême A (saint Jean 11, 1-45)

Après la Samaritaine et l’aveugle-né nous faisons aujourd’hui  un pas de plus dans notre découverte du Christ. Avec le relèvement de Lazare, Il ne s’offre plus seulement sous le signe de l’eau vive, il ne se révèle plus simplement comme la lumière, il se manifeste comme la vie tout entière, celui qui libère de la mort« Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai sortir, ô mon peuple, je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez.» dit déjà le Seigneur au temps du prophète Ezéchiel, c’est à dire au VIème siècle avant J.C. Bien sûr  à cette époque la foi en une résurrection personnelle est encore mal assurée. Cette promesse de Dieu a donc d’abord un sens figuré et communautaire : Dieu ne laissera pas son peuple dépérir en exil mais il le fera revivre en le ramenant dans la terre de ses pères : « Vous vivrez » Vivre, revivre, nous partageons cette espérance. « Des profondeurs, je crie vers toi Seigneur…Plus qu’un veilleur n’attend l’aurore. » Il est bon, en ce temps de carême et en ce temps particulier de confinement que nous vivons,  de nous demander de quelles prisons, de quels tombeaux, de quelles forces de mort qui nous rongent voulons-nous être libérés avec les nouveaux baptisés de Pâques ?

A l’époque de Jésus, certains, les plus spirituels, comme les Pharisiens, commencent à croire à la résurrection des morts. Ils l’attendent pour la fin des temps : « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection », répond Marthe, la sœur de Lazare celui qui vient de mourir alors que Jésus lui dit : «  Ton frère ressuscitera ». Et lorsque Jésus arrache du tombeau son ami en criant d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » ce n’est pas encore la résurrection : c’est un retour à la vie, de ce côté-ci, comme pour un sursis. Les enfants au catéchisme disent justement : « Lazare, il est re mort ». Mais ce retour à la vie est néanmoins très important. Il est l’occasion pour Jésus d’annoncer en actes et en paroles la victoire définitive de Dieu sur la mort : la résurrection, la vraie, la sienne, « Je suis la résurrection et la vie » et donc la nôtre, à venir, avec lui, auprès du Père. « Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, dit Paul aux Romains dans la  seconde lecture que nous venons d’entendre, celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. »

Cette puissance de résurrection ne nous est pas seulement promise pour la fin des temps : elle est déjà à l’œuvre dans nos vies, par la foi et les sacrements de la foi. Parce que le Saint-Esprit nous est donné, nous savons désormais qu’en toute épreuve, l'épidémie qui nous frappe,  la maladie en général, le grand âge, les remises en question, les doutes ou les crises spirituelles, nous pouvons crier vers le Seigneur : « Seigneur, celui que tu aimes est malade ! » Et comme Marthe a su le faire, nous  pouvons entendre le Seigneur susurrer dans notre coeur: « Cette maladie ne conduit pas à la mort. » En effet, ni la mort corporelle, ni la maladie qui est son alliée, ni le péché qui est mort spirituelle n’auront plus jamais le dessus : le Christ de Pâques les a vaincus.

La résurrection de Jésus dans la gloire du Père que nous célébrons à Pâques, nous en vivons donc déjà par les sacrements. « Si quelqu’un est en Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien est passé, voici qu’une réalité nouvelle est là »nous dit encore saint Paul. C’est le message du relèvement de Lazare. C’est le sens des sacrements de l’initiation chrétienne : le baptême, la confirmation et l’eucharistie que recevront les catéchumènes du monde entier dans le temps pascal . Plongés dans la mort de Jésus, où le péché est noyé dans l’océan de l’amour, ils renaîtront avec lui, comme des lumières nés de la Lumière. Telle est notre foi, la foi de l’Eglise que nous formons invisiblement mais non moins réellement en ce temps de crise sanitaire.

                                               Bruno Horaist, curé

 


 

dimanche 22 mars

Homélie du 4ème dimanche de Carême (A) : Jean 9, 1-41

Après l’eau  vive offerte par Jésus à la Samaritaine, Jean nous révèle dans l’évangile de ce jour la Lumière de la foi que nous apporte Jésus. Tout comme à propos de l’eau qui peut être morte ou vive, Jean nous invite à être attentifs à la « vue » et à l’ « aveuglement ». Les Pharisiens  voient et deviennent aveugles en niant l’évidence du signe et en s’abritant derrière leur prétendu savoir : « Nous savons, nous, disent-t-ils, que cet homme est un pécheur. » Ils oublient que si nous voyons ce qui est visible par les yeux de notre corps, nous sommes aussi appelés à voir ce qui demeure invisible par les yeux de notre cœur: « On ne voit bien qu'avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux. » dit le petit Prince de Saint-Exupéry. Ici, c’est Jésus qui permet à cet homme de voir au-delà du visible. Il lui ouvre son intelligence à la lumière de la foi .En effet, la guérison de l’aveugle-né est double : elle est autant  pour son cœur que pour son corps, et ce dédoublement est attesté dans la succession des noms qu’il emploie pour désigner son bienfaiteur. Aux questions de ses proches, il répond : « C’est celui que l’on appelle Jésus » au terme de son premier interrogatoire, il ose dire : « C’est un prophète » ; pendant le second, il rétorque à ceux qui l’invitent à nier la grâce qu’il a reçue : « Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Enfin, quand Jésus l’interroge sur sa foi au Fils de l’Homme, il se prosterne et confesse : « Je crois, Seigneur ». Un homme, un prophète, un envoyé de Dieu et, pour finir, le Seigneur en personne : ce crescendo mis en scène par saint Jean mène notre homme de l’ignorance à la vision spirituelle de l’identité de Jésus, cet homme passe du regard superficiel à la foi qui lui permet de reconnaître en Jésus « l’image du Dieu invisible » un homme et plus qu’un homme, un prophète et plus qu’un prophète, le fils de Dieu. Bref, la guérison de l’aveugle-né coïncide avec sa naissance à la foi. Tandis que les Pharisiens s’enfoncent dans les ténèbres  du mensonge et de la contradiction, faisant de Jésus, un possédé, cet homme sort peu à peu de sa nuit et  est invité à reconnaître en Jésus le Fils de Dieu. Ainsi Jésus  provoque cet aveugle  à confesser sa foi, à en rendre témoignage dans un monde aux prises avec la contradiction. S’enfermer dans la révolte  comme les Pharisiens ou s’ouvrir à la vie à la suite de l’aveugle guéri ? A chaque période de l’Histoire de l’Eglise, le message du Christ est prétexte à des adhésions et des refus tout à la fois et souvent dans un climat de violence. Pourquoi ? Saint Jean ne nous donne pas de réponse. Il nous montre simplement qu’il n’y a pas de chemin de foi extérieur à la réalité humaine avec ses contradictions.

La foi n’est jamais acquise, elle est à construire, à débattre. Pour cela, saint Jean nous invite à être de ceux qui  à l’exemple de cet aveugle acceptent d’être remis en question dans ce qu’ils pensent savoir. Cet évangile nous est donné pour  renverser nos questions immédiates, sans rien  nous expliquer pour que notre amour soit libre. A ce propos, il n’est pas innocent que le miracle ait lieu le jour du sabbat, jour interdit. La foi nous rend libre.

Le Christ nous invite donc, aujourd’hui comme hier, à nous identifier à l’aveugle de naissance, pour que nous recevions comme lui le geste sauveur de Jésus. A l’aube des temps, Dieu modela l’homme avec la glaise du sol et insuffla dans ses narines un souffle de vie. Le Christ, dans ses sacrements qui ont tous leur source dans sa Pâque ne cessent de nous renouveler et de nous recréer. C’est tout le sens de cet évangile, c’est le sens des sacrements de l’initiation que nous allons redécouvrir à Pâques et pendant le temps pascal. Prions pour nos catéchumènes : Marina, Davon et Emilie  qui seront baptisés après la crise sanitaire que nous traversons : qu’ils sachent dès à présent reconnaître le Fils de Dieu en cet homme Jésus, compagnon de nos routes humaines  qui nous abreuve d’eau vive et nous éclaire de la lumière de la foi.

                                                                                                     Bruno Horaist, curé

 


 

 

Actualités paroissiales   

compte tenu des circonstances :

les associations sont  fermées jusqu'à nouvel ordre

 


  

Année Sainte Geneviève

 

cinq textes sur sainte Geneviève écrits par le Père Horaist

sont mis à disposition tout au long de l’année.

Le deuxième : Sainte Geneviève, la femme de foi.

ou la spiritualité de sainte Geneviève

est disponible sur les présentoirs 


 

 

Groupe oecuménique

(Paroisse catholique de La Madeleine - Paroisse protestante du Saint-Esprit)

« Qui était l’homme de Nazareth ? »

 Tout au long de l’année, nous vous proposons d’étudier ensemble un livre :  Daniel Marguerat, Vie et destin de Jésus de Nazareth, Paris, le Seuil, 2019.

L’auteur, historien et bibliste, professeur honoraire de l’Université de Lausanne, est un des meilleurs spécialistes actuels de la recherche sur Jésus historique.

 Nous nous réunirons alternativement à La Madeleine, 14 rue de Surène

et au Temple du Saint-Esprit, 5 rue Roquépine.

pas de réunion le mercredi 27 mai


Groupe de réflexion pour adultes 

 20h30 Réfléchir sur sa foi (14 rue de Surène)

 pour les adultes, proches ou loin de l’Eglise.

 


 

 

Expositions à La Madeleine


 

  

Du samedi 6 au dimanche 21 juin: Exposition collective “ Mise en art“

Salle Royale, tljrs de 11h  à 19h. Entrée libre.

 


 

 

   Création d'une maîtrise à la Madeleine

 

Le choeur «La Maîtrise de la Madeleine », s'adresse à des garçons âgés de 7 à 13 ans.

 

L’encadrement de la Maîtrise se fera par deux musiciens professionnels : Marie Claire Leblanc, soprano lyrique, chef de chœur et professeur de chant, et Michel Geoffroy, titulaire de l’orgue de choeur de La Madeleine.

 

Ils transmettront leur passion pour la musique sacrée et liturgique grâce à un répertoire adapté, ainsi que des bases de solfège.

 

Les répétitions auront lieu le mercredi de 17h00 à 18h30 (sauf vacances scolaires) à l’église de La Madeleine.

 

Nous vous attendons nombreux !

 

Pour tous renseignements et inscriptions :

Michel Geoffroy (titulaire de l'orgue de choeur) :

geoffroy.michel3@wanadoo.fr

Marie-Claire Leblanc (soprano de l'ensemble vocal) :

marieclaire.leblanc@orange.fr  

 


 

 

 


 


 soirée-débat du 12 mars 2019

"Chrétien et citoyen : reconstruire la fraternité" 

intégralité du compte-rendu de la réunion : onglet Feuille Paroissiale

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Par décision de Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, après consultation du Chapître, le Père François de Charnacé est nommé chanoine honoraire.

            Nous nous réjouissons de cette bonne nouvelle et le félicitons chaleureusement.