Avant-propos

L'église de La Madeleine occupe un site exceptionnel : elle domine le faubourg Saint-Honoré et les grands boulevards et à donné son nom à ce quartier de Paris. Fondation royale, elle a été un des éléments du projet d'extension de la capitale vers l'ouest au milieu du XVIIIe siècle et a été conçue pour caler la perspective entre les deux palais de Gabriel de la place de la Concorde. Sa contruction a posé bien des problèmes à l'État et s'est étirée sur plus de quatre-vingts ans.

Avant de devenir la paroisse de l'Élysée et le sanctuaire très international du quartier des affaires, fréquenté par les artistes et les touristes, sainte Marie-Madeleine a été proposée à des usages variés. Paroisse, puis temple commémoratif des héros et victimes de la Révolution, de l'Empire et de la Restauration, le sanctuaire a souffert des hésitations de ses constructeurs. L'esthétique de La Madeleine est équivoque : à cause de ses colonnades, elle ressemble à l'Assemblée Nationale ou à la Bourse; elle est construite sur le même mode néo-classique que le Panthéon des grands hommes; avec tant de statues, elle s'apparante à un musée de sculpture.

Sur son socle monumental, La Madeleine peut décourager le promeneur des boulevards qui hésite à gravir les marches d'un temple qui ressemble à tant d'autres bâtiments publics. La semi-obscurité de la nef et l'absence de chapelles en font effectivement un sanctuaire atypique.

Par tant de marbres et si peu de tableaux, l'amateur rique d'abord d'être déconcerté de ne pas retrouver la diversité d'œuvres d'art des autres églises parisiennes; néanmois, la somptuosité du lieu s'impose à lui peu à peu.

Uniforme et grandiose, La Madeleine mérite une visite détaillée. L'élan des ordres classiques, la beauté des marbres et la subtile répartition de la polychromie soulignent le parti de l'architecte : un cadre majestueux convenant aux grands rassemblements; pour nous, ceux des Journées Mondiales de la Jeunesse, en 1997, du Jubilé et du troisième millénaire.